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[Tribune] RDC : Kabila et la « tactique du salami »


Le 24 janvier, la RDC célébrait sa première passation de pouvoir pacifique entre deux présidents. Pendant que certains saluent un moment historique dans ce pays habitué aux rébellions et aux coups d’État, d’autres scrutent la stratégie du sortant, Joseph Kabila, qui, s’il a transmis le flambeau à Félix Tshisekedi, demeure le maître du jeu politique.

Pour parvenir à ses fins, le président sortant semble avoir employé la « tactique du salami », inventée par le leader communiste Mátyás Rákosi dans les années 1940, en Hongrie, pour décrire l’élimination de l’opposition, tranche par tranche. Dans le cas congolais, elle a consisté pour Joseph Kabila à consolider son pouvoir en contrôlant progressivement les institutions clés de la République, morceau par morceau, jusqu’à ce que les autres acteurs de la scène politique réalisent – trop tard – que le gros de la saucisse avait déjà été confisqué.

Pressions internationales

Cette méthode lui a également permis de répondre aux pressions et aux menaces contraignantes des grandes puissances étrangères en les « saucissonnant » en autant de tranches nécessaires afin de réduire leurs effets et de retarder leur mise en œuvre.

Face aux pressions de la communauté internationale, Joseph Kabila n’a jamais refusé le principe d’organiser des élections libres, dans les délais légaux, auxquelles il ne participerait pas. Il a au contraire répété que la RDC organiserait seule le scrutin, sans l’assistance financière et logistique étrangère ni celle de la mission de l’ONU (Monusco).

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