Les actualités de 6h30 – Algérie : faut-il se méfier du retrait d’Abdelaziz Bouteflika ?

À la suite de l’annonce du chef d’État algérien, renonçant à briguer un cinquième mandat ce lundi, les Algériens craignent que cette concession démocratique ne soit qu’un écran de fumée. Nacer Djabi, sociologue à Alger, décrypte la situation.

n Algérie, les cris de joie ont laissé place au scepticisme. Une liesse populaire a éclaté à l’annonce du retrait d’Abdelaziz Bouteflika. Le président au pouvoir depuis 20 ans ne rempilera finalement pas pour un cinquième mandat, comme il l’a annoncé dans une lettre. Un retrait du pouvoir, mais pas d’élection pour autant. Le scrutin du 18 avril est en effet reporté sine die, et le dirigeant reste au pouvoir pour organiser la transition. Il annonce la mise en place d’une commission électorale indépendante.

Dans les rues, l’euphorie a fait place, plus tard dans la soirée, à une inquiétude latente. Et si cette décision n’était qu’une mascarade ? Nacer Djabi, sociologue à Alger, répond au micro de Sina Mir sur RTL : « C’est un système qui a une capacité extraordinaire à se renouveler, et (…) d’une manière parfois médiocre… », pointe t-il. « Est-ce que les Algériens vont croire que le même système, le même personnage politique, le même rapport de force politique, va cette fois-ci changer et proposer autre chose ?« , ajoute l’intellectuel, qui souligne néanmoins que la proposition du régime est positive pour la démocratie. 

Son verdict : « Le seul garant, c’est la rue. », précisant que c’est à présent aux Algériens de « rester vigilants » et de veiller à ce que le « changement radical » proposé se concrétise. 

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